Poser la question en termes de taux conduit presque toujours à la mauvaise réponse. La vraie question est : l’argent reste-t-il dans la société, ou en sort-il chaque année ?
La différence de fond
À l’impôt sur le revenu, le bénéfice est réputé vous appartenir dès qu’il est réalisé. Vous êtes imposé dessus même si vous n’avez rien retiré. À l’impôt sur les sociétés, la société est un contribuable distinct : elle paie son impôt, et vous n’êtes imposé que sur les rémunérations et les dividendes que vous vous versez.
Les taux en présence
| Régime | Assiette | Taux |
|---|---|---|
| IS — taux réduit | Jusqu’à 42 500 € de bénéfice | 15 % |
| IS — taux normal | Au-delà de 42 500 € | 25 % |
| IR | Bénéfice intégré au revenu du foyer | Barème progressif |
Quand l’IS l’emporte
Dès que vous laissez de l’argent dans la société — pour investir, pour constituer une trésorerie de sécurité, pour préparer un recrutement. Le bénéfice non distribué n’est imposé qu’une fois, au niveau de la société.
- Vous réinvestissez une part significative du résultat.
- Votre foyer fiscal est déjà dans une tranche élevée.
- Vous voulez piloter l’année de votre imposition personnelle.
Quand l’IR garde du sens
Sur les premières années, quand le résultat est faible ou négatif : un déficit s’impute alors sur le revenu global du foyer, ce que l’IS ne permet pas. Et si vous distribuez la totalité du bénéfice chaque année, l’écart se resserre nettement.
Un choix difficile à défaire
L’option pour l’IS est en principe irrévocable passé un délai de renonciation de cinq exercices. C’est la raison pour laquelle ce choix se prend avec un comptable, pas avec un comparateur en ligne — celui-ci compris.