Pendant trente ans, le métier s’est organisé autour d’une tâche : transformer une pile de justificatifs en écritures. C’est cette tâche, et elle seule, que l’automatisation a fait disparaître.
Ce qui a réellement disparu
La collecte, d’abord. Les justificatifs sont récupérés là où ils se trouvent — boîtes mail, plateformes de vente, banques — sans que personne ait à les transférer. La lecture ensuite : montant, TVA, fournisseur et compte sont extraits avec une fiabilité qui dépasse celle d’une saisie humaine en fin de trimestre.
Ce qui reste, et qui ne partira pas
Un modèle propose un traitement. Il ne décide pas. La différence paraît subtile jusqu’au premier contrôle fiscal, où quelqu’un doit expliquer pourquoi telle charge a été déduite.
- Les positions : amortissement, provision, qualification d’une charge mixte.
- Les cas limites : ce que l’historique du dossier ne permet pas de trancher seul.
- La responsabilité : une liasse est signée par une personne, pas par un logiciel.
La conséquence pour une TPE
Le prix d’un dossier baisse, parce que la production coûte moins cher. Mais la vraie différence n’est pas là : elle est dans le temps que votre interlocuteur peut enfin passer sur votre situation plutôt que sur votre saisie.
La bonne question à poser à un cabinet n’est plus « combien coûte la tenue ? » mais « combien de temps me consacrez-vous, et pour parler de quoi ? ».